Observer le ciel et les étoiles

Observer le Soleil …

Le Soleil est l’étoile centrale de notre système, le système solaire. C’est une étoile dont la température de surface est de 5 400°c, et celle de son centre avoisine les 14 millions de degrés. Il est composé, comme toute étoile, de gaz chaud. Sa composition en « surface » est de 70% d’hydrogène, 28% d’hélium, et son centre de 35% d’hydrogène et 63% d’hélium.

La couronne solaire est la partie la plus externe de l’atmosphère de notre étoile. Sa température atteint plusieurs millions de degrés. La très faible brillance de la couronne solaire la rend difficilement observable en dehors des éclipses totales depuis le sol. La coronographie permet de reproduire « artificiellement » les éclipses sur l’instrument d’observation en masquant le disque solaire. Associée à différents instruments, elle permet d’étudier la composition et l’intensité du rayonnement lumineux de la couronne solaire.

Couronne solaire en lumière blanche pendant l’éclipse totale de soleil du 29 mars 2006

observée depuis Sidi Barany, Égypte (Crédit : Jean Mouette, équipe de Serge Koutchmy, IAP-CNRS-SU)

Ensemble de 12 cônes pour coronographie 
SU.IAP.2025.16.0
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris


Ces cônes sont des prototypes. De différentes tailles et formes, ils permettent d’optimiser les observations. Les cônes s’ajoutent à une lunette, cachent le disque stellaire de l’astre observé, permettant de voir la couronne ainsi que les objets orbitant près de l’astre.

Table de rotation pour microphotomètre
SU.IAP.2025.15.4
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris

Fabricant : Institut d’astrophysique de Paris

Cette table a été utilisé pour l’étude de la couronne solaire. Elle permet de faire des courbes de transmission du film photographique à rayon constant de la couronne solaire. On place une photographie du soleil sur la table, et la rotation du cadran permet de suivre la couronne solaire avec un rayon constant.

Réseau
SU.IAP.2025.17
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris


Le réseau est une sorte de miroir gravé de rainures. Il reçoit et divise la lumière incidente en plusieurs faisceaux de diffraction. Ce réseau a 300 rainures par millimètre. Il a été utilisé lors des observations de l’éclipse solaire de 1973 au Tchad par Serge Koutchmy et Götz Stellmacher.

Porte film pour lunette quadruple
SU.IAP.2025.34.0
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris


Des filtres ou polarisateurs sont placés dans les porte-films qui sont eux-mêmes fixés à l’arrière d’une lunette quadruple. Ils permettent de faire 4 photographies simultanées avec des angles de polarisation différents.  Ceux-ci furent utilisés dans le cadre de l’étude de la polarisation de la couronne solaire lors d’éclipses totales, notamment celle du 22 septembre 1968 (Yourgamish, Sibérie)

…Observer les étoiles et corps célestes depuis la Terre

Pour étudier les étoiles et autres objets célestes, on observe et analyse leur spectre lumineux. Cette discipline s’appelle la spectroscopie stellaire. Un spectre lumineux donne des informations sur les conditions physiques (température, pression ou densité, gravité, champ magnétique, turbulence) et la composition chimique du milieu émetteur ou des milieux traversés.

Spectre de lumière visible d’Altair, une étoile à environ 16,7 années-lumière de la Terre.

Le spectre électromagnétique (en haut) est interrompu de quelques lignes sombres qui représentent la lumière absorbée par l’hydrogène présent dans l’atmosphère de l’étoile.

(Sources : Agence spatiale canadienne, NASA.)

Etoile artificielle
SU.IAP.2025.20.0
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris

Fabricant : modification en interne sur conception de Serge Koutchmy (IAP)


Une étoile artificielle est un accessoire qui va simuler une vraie étoile. Elle génère un spot lumineux de très faible diamètre, que l’on place en vue d’un télescope, permettant ainsi le réglage précis de ses optiques. Cette étoile artificielle a été utilisé pour permettre de retrouver la magnitude des étoiles sur une photographie du ciel.

Lunette astronomique K-600
SU.IAP.2025.21
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris

La lunette K-600 a été utilisée dans le cadre des missions P/Halley pour photographier la comète de Halley lors de son passage en novembre 1985, à l’observatoire de Haute-Provence puis à la Réunion en avril 1986. Il existe cinq exemplaires de la K-600, et ils permettent de prendre des photos d’un même évènement à des lieux et moments différents avec des instruments identiques selon un protocole bien défini.

… Observer depuis l’espace

Saliout 7

Le 24 juin 1982, pour la première fois un français, Jean-Loup Chrétien, allait s’envoler pour l’espace lors de la mission scientifique française « Premier vol habité » (PVH). La mission s’appelle officiellement « Mission scientifique franco-soviétique Saliout 7 », et les spationautes passeront une semaine à bord de la station spatiale Saliout 7 kosmos 1686.

La station Saliout-7 (URSS/N.A. via Spacefacts.de)

Sensitomètre pour la caméra PIRamig (Copie de la version de vol)
SU.IAP.2025.18 et SU.IAP.2025.40.0
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris


La caméra PIRamig a été développée par l’observatoire de Marseille. L’IAP était responsable de la conception et réalisation du sensitomètre et de l’étalon nécessaire pour l’expérience. PIRamig a permis la réalisation de photographies, en particulier de galaxies dans le visible et le proche infrarouge (Proche Infrarouge dans l’Atmosphère, Milieu Interplanétaire et Galaxies).

Sensitomètres pour expérience P.C.N
SU.IAP.2025.19.0
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris

L’expérience « PCN » (Photographies du Ciel Nocturne) avait pour objectif l’étude des sources de faible intensité lumineuse. Elle a permis notamment d’obtenir pour la première fois l’image du nuage zodiacal (poussières interplanétaires) au niveau de l’orbite de Vénus.

… Observer depuis l’espace

Magellan & FUSE

Le projet ne sera finalement pas retenu par l’ESA, mais intégré dans le projet FUSE (Far Ultraviolet Spectroscopic Explorer), réunissant la NASA, l’université John Hopkins de Baltimore, ainsi que le CNES et le CSA (Canadian Space Agency).

Réseau holographique Magellan
SU.IAP.2025.1
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris

Fabricant : Jobin & Yvon sous le contrôle du Laboratoire de Physique Stellaire et Planétaire

La plupart des raies d’émissions et d’absorption des atomes se trouvant dans l’ultra-violet (courtes longueurs d’ondes), étudier ce domaine permet de caractériser la composition, l’abondance des différents éléments, et d’autres propriétés cruciales des objets observés. Dans le domaine des UV, l’optique classique (miroirs) fonctionne très mal. Le réseau sert donc à focaliser et disperser la lumière. Pour obtenir une haute résolution spectrale, il faut beaucoup de traits par mm gravés sur le réseau (3000-5000 traits par mm).

… Observer depuis l’espace

Orbiting Solar Observatory (OSO)

Orbiting Solar Observatory (OSO) est une série de 9 observatoires spatiaux de la NASA lancés entre 1962 et 1975 pour observer le rayonnement UV et X émis par le Soleil.

Orbiting Solar Observatory 5 (Goddard Space Flight Center)

Cellule à résonance à hydrogène et deutérium
SU.IAP.2025.2.2
Fonds : Institut d’astrophysique de Paris

Ces deux capteurs mesurent la densité l’un de d’hydrogène, l’autre du deutérium. Ils absorbent la lumière solaire incidente et la réémettent à 90° dans la branche perpendiculaire, où on la mesure aux longueurs d’onde précises de l’hydrogène et du deutérium. Les cristaux bleus absorbeur d’humidité et la cloche sous vide permettent de conserver les objets.

…Et explorer l’Espace

La sonde Mars 96 lors de son assemblage (http://solarsystem.nasa.gov/multimedia/gallery/)

Spectromètre d’ions pour l’étude de la DYnamique du plasma dans l’environnement IOnisé de la planète Mars (DYMIO)
SU.SET.2024.2.3
Fonds : Laboratoire ATmosphères et Observations Spatiales (LATMOS)

Ce spectromètre a été fabriqué pour l’étude de la dynamique du plasma dans l’environnement ionisé de Mars dans le cadre du projet Mars-96 (ROSCOSMOS & CNES). Il était le modèle de rechange, prévu pour remplacer l’instrument d’origine sur le satellite en cas de défaillance avant le lancement.

Textes : Stéphane Jouve, avec relecture de Jean Mouette, Michèle Gerbaldi, François Sevre, et Roger Ferlet. Merci à Elena Seran et les directions du Laboratoire Atmosphères et Observations Spatiales et de l’Institut d’Astrophysique de Paris pour leur aide et collaboration.

Graphisme : Terava Jacquemier

Modifié le